Mouvement Lycéen: "Comment Stopper L'Escalade ?"

Mouvement Lycéen: "Comment Stopper L'Escalade ?"
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A la Une de la presse, l’inquiétude, en France, avant «l’acte III», aujourd’hui, de la mobilisation des lycéens.

Comment stopper l’escalade? Libération s’inquiète de la «répression» d’un mouvement lui-même «critiqué pour ses débordements» et appelle les forces de l’ordre à «agir avec discernement». D’après Le Figaro, les autorités «s’attendent à ce que le vent de la révolte souffle plus fort ­encore», après que des heurts ont marqué la journée d’hier «dans plus de 400 établissements». Inquiétude, aussi, de L’Opinion face à une «colère sans mode d’emploi», «un mouvement gazeux, souvent violent, et insaisissable». Un mouvement dont «la genèse a été spontanée», d’après Le Monde, dont le reportage en Seine-Saint-Denis, dans les quartiers populaires, évoque une protestation «très politisée, accompagnée, mais pas manipulée», y compris par La France insoumise. Le journal cite notamment une source du renseignement qui parle plutôt d’un «effet d’aubaine pour les partis intéressés par l’agitation sociale».

La presse de gauche dénonce une répression «sans retenue» et des «violences policières». Alors que dix enquêtes de l’GPN, la police des polices, ont été ouvertes, L’Humanité soutient que les forces de l’ordre «s’affranchissent des règles déontologiques», dans un «schéma du «maintien de l’ordre» hérité de la répression du mouvement des gilets jaunes». Mediapart critique «une utilisation inédite et intensive de l’arme administrative», avec «des arrêtés interdisant les manifestations aux abords de certains lycées (qui) essaiment, dans une proportion inédite, partout sur le territoire».

La mobilisation des lycéens est suivie de près par la presse européenne. Au Royaume-Uni, The Times, quotidien conservateur, voit la France «désemparé» face à «la colère et la fureur» des lycéens. Le journal conservateur cite la proviseure d’un lycée parisien qui dit n’avoir  jamais rien vu d'aussi violent».. en 20 ans de carrière. En Allemagne, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, également conservateur, explique la mobilisation par «le manque de perspectives» pour la jeunesse, dans un contexte de «dégradation économique» aggravée par la dissolution de 2024 et l’émergence de l’intelligence artificielle. Des difficultés partagées par d’autres pays européens, dont la Belgique, où la colère gagne aussi les lycées. Les élèves de Liège rencontrés par Le Soir disent que «ce qui se passe en France a créé une impulsion» et qu’eux aussi veulent se battre contre «une école malade», «mais surtout pour (leur) avenir». The Guardian, enfin, dresse un parallèle entre la mobilisation lycéenne en France et les manifestations pour le logement en Espagne. Pour le quotidien britannique, les deux mouvements, «menés principalement par des jeunes illustrent un problème croissant pour les gouvernements d'Europe occidentale: une génération qui se sent de plus en plus privée de la sécurité socio-économique de base dont leurs parents bénéficiaient».

En Espagne, où Pedro Sanchez a annoncé hier la convocation de législatives anticipées le 29 novembre prochain. Selon La Vanguardia, le journal catalan, le Premier ministre cherche à «tirer parti», précisément, «des mobilisations citoyennes pour le logement». Un calcul qui tient du pari: El Pais annonce déjà un scrutin «sous haute tension». Le journal de centre-gauche espère que ces élections permettront «une clarification nécessaire après une législature marquée par l’impasse et les tensions», malgré «la possibilité que, pour la première fois depuis la mort du dictateur Franco, un parti d’extrême droite, (Vox) puisse gouverner». A droite, El Mundo estime que Pedro Sanchez joue son va-tout «pour survivre». Le journal l’accuse d’«instrumentaliser le logement à des fins populistes», «alors qu'il est englué dans la corruption». «C’est le calendrier judiciaire, plus que tout autre facteur, qui explique l’urgence de cette élection», assène le journal, qui cite aussi la crise de Ceuta et les tensions générées par la hausse des prix.

On termine cette revue de presse avec l’anniversaire, demain, de l’assassinat de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, le 7 octobre 2006, à Moscou. 20 ans après, Le Monde est entré en contact avec celui qui était, à l’époque, son rédacteur en chef à Novaya Gazeta. Pour l’occasion, Dmitri Mouratov, co-lauréat du Nobel de la paix 2021, s’est assis au bureau qu’occupait Anna Politkovskaïa, dans sa rédaction moscovite, où ses affaires ont été conservées, son enregistreur, ses lunettes posées sur un code pénal. D’après Le Monde, Anna Politkovskaïa est «morte pour avoir compris le régime de Poutine avant les autres», du fait de ses très nombreux reportages durant la seconde guerre de Tchétchénie. «A la relire aujourd’hui, raconte le journal, on est saisi d’effroi. Pas seulement à cause des atrocités commises mais parce que tout, absolument tout, ce qu’elle décrivait alors, s’est reproduit, vingt ans plus tard, en Ukraine: la torture, les pillages, les viols, la destruction totale et méthodique de villes et de villages, les fosses dans lesquelles sont jetés les «ennemis» ou les soldats russes qui n’ont pas plu à leurs supérieurs».

Novaya Gazeta Europe, qui a été fondée en avril 2022, six semaines après l'invasion de l'Ukraine, par des anciens de Novaya Gazeta exiés, vient de décerner le prix Anna Politkovskaya 2026 à des journalistes ukrainiennes et russes détenues en Russie et dans les territoires occupés - des femmes «qui ne se sont pas battues les unes contre les autres, mais pour la paix». Parmi elles, Victoria Roshchyna , qui a couvert le siège de Marioupol et les crimes de guerre commis par la Russie, arrêtée en août 2023, et décédée en septembre 2024 des suites de tortures et de mauvais traitements. Une autre journaliste ukrainienne persécutée et torturée en Russie, Iryna Levchenko, enlevée avec son mari en 2023, torturée et condamnée à 15 ans de prison pour espionnage. Et Maria Ponomarenko, journaliste russe condamnée à plusieurs peines de prison pour un message sur les réseaux sociaux dénonçant le bombardement du théâtre de Marioupol en mars 2022. Elle dénonce toujours la guerre depuis sa cellule.

 

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